Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 23:19

 

La première partie, c’est par là.



 

Evidemment que j’allais accepter son affaire… quelle qu’elle soit, probablement, oui. Le bonhomme me plaisait et il avait l’air aussi sympathique et chaleureux que son fils était pédant et mauvais, alors j’avais bien envie de lui être agréable. Et il le savait déjà.

 

-          Vous avez entendu parler du trésor de Villethierry ?

-          Euh…

-          Oui, non, bien sûr. Il s’agit de bijoux de l’âge de bronze. 867. Exposés au musée de Sens. Sens, vous connaissez, hm ?

-          Oui. Enfin… la gare.

-          Oui. Bref. Il n’y en a plus que 847.

-          Gares ?

-          Bijoux.

-          Ah ?

-          On en a volé 20.

-          Ah ?

-          C’est mon fils qui a fait le coup.

-          Ah ?

-          Oui.

-         

-         

-          Euh… et vous attendez quoi de moi, exactement, si vous savez déjà que c’est lui ?

-          Il l’a fait pour se protéger.

-          De… ?

-          Moi.

-          Vous ?

-          Moi.

-          Ah…

-          Vous savez, on ne bâtit pas une fortune comme la mienne sans construire en même temps un solide réseau de relations influentes.

-          J’imagine, oui.

-          Il sait, mon fils, que d’un claquement de doigts je peux les ruiner, lui et sa réputation. Et ce crétin ne peut pas imaginer une seconde que le fait d’être mon fils suffit à le protéger !

-          Ah… ça suffit ?

-          Oui et non, pour être honnête.

-          Ah ?

-          Pour dire le vrai, je ne suis pas certain que ce soit vraiment mon fils.

-          Ah ?

-          Vous pourriez essayer de ne pas dire « ah » à chacune de mes phrases ?

-          Ah ? Je dis… Ah oui. Pardon. Donc vous n’êtes pas sûr que le vieux Sam soit votre fils ?

-          Ne me regardez pas comme ça ! Vous êtes absolument certain, vous, de ne pas avoir un ou deux bâtards à votre actif ? Bref. Quoi qu’il en soit, dans le doute… Mais ce truand n’a pas l’ombre du début d’un principe ou d’une valeur morale, vous le connaissez… Alors ça le dépasse. Et il a volé ces bijoux pour pouvoir me mettre le forfait sur le dos.

-          Oui… ça lui ressemble assez. Mais… encore une fois, qu’attendez-vous de moi ?

-          Que vous retrouviez le trésor de Villethierry et confondiez mon fils. Je ne peux pas vivre avec cette menace sur le dos.

-          Mais… pourquoi moi ?

-          Vous connaissez ses méthodes, ses contacts, ses planques.

-          Je suis aussi sérieusement en dette avec lui. Si je le… « trahis », je peux dire adieu à ma licence. Et c’est tout ce que j’ai.

-          Non.

-          Tiens donc ?

-          Maintenant vous m’avez moi.

-          Vous ?

-          Moi et mes relations. Soyez tranquille pour votre licence… Et savez-vous combien d’hommes riches, très occupés par leur travail et peu préoccupés par leur foyer, sont prêts à payer des fortunes pour s’assurer que leurs femmes ne les trompent pas ? Sans parler des femmes en question qui seraient prêtes à vous payer pour coucher avec vous rien que pour se venger !

-          Tiens donc !

-          Et il suffit que je vous recommande pour vous assurer un avenir doré.

-          Hm… mais j’ai déjà une clientèle fortunée.

-          Honnête ?

-          Non.

-          Et ça ne vous intéresserait pas de ne plus avoir à frayer avec la pègre ?

-          Si.

-          Marché conclu ?

-          Marché conclu.

Est-ce que j’allais vraiment pouvoir me débarrasser aussi facilement du vieux Sam ? J’essayais de mesurer les risques que tout ça se retourne finalement contre moi, mais aussi stupide que ça puisse paraître, je faisais confiance au vieux. Quand il m’a montré la chambre qu’il mettait à ma disposition pour la durée de l’enquête, j’ai su que j’avais fait le bon choix. Au pire, j’aurai au moins eu le plaisir de péter dans la soie avant de sombrer. Toujours ça de pris. Le vieux m’a proposé de m’installer et de le rejoindre pour dîner, « si cela m’agréait ». Tu m’étonnes que ça m’agréait ! Vu le cadre et la compagnie, je n’allais pas faire la fine bouche. Sans compter que je plaçais de grands espoirs dans la qualité du repas qui serait servi. J’ai sorti les deux caleçons et le tee-shirt que j’avais apportés – j’avais pas prévu de rester longtemps, je regrettais – je les ai rangé dans… quoi ? le placard ? la penderie ? C’était grand comme mon bureau et il y avait de la lumière à l’intérieur ! Donc j’y ai rangé mes affaires, j’ai posé ma brosse à dents dans la salle de bain – la salle de bain !!! Il y avait une porte-fenêtre dans la salle de bain ! Et une baignoire et une douche, mais séparées. Et deux lavabos. Et… bref. J’ai passé un moment à m’émerveiller de tout et ça m’a occupé jusqu’à ce qu’on m’appelle pour le dîner. Le vieux était déjà installé à table et il y avait trois couverts. J’ai pris place là où il m’a dit, sans savoir que penser des assiettes ordinaires et des couverts inox. Je commençais à craindre de manger un jambon-nouilles. Que je sais apprécier à sa juste valeur, mais je m’étais préparé à autre chose.

-          Monsieur Jérôme ?

-          Oui ?

-          Est-ce que je peux vous appeler… Jérôme ?

-          Bien sûr.

-          Bien. Jérôme, je vous présente Appoline. Appoline, Jérôme.

-         

-         

-          Et bien… Je vous sers à boire ?

La jeune femme qui venait d’entrer dans la pièce était d’une beauté et d’une grâce qui supplantaient toutes les splendeurs du lieu. Je ne pouvais lui faire l’injure de la comparer aux femmes que j’avais croisées avant elle. En la voyant s’avancer et – je ne rêvais pas ? – se troubler un peu en croisant mon regard, j’ai vu également par où allaient arriver les emmerdes.

-          Monsieur…

-          Oui Jérôme ?

-          J’ai trouvé le trésor de Villethierry. Votre épouse est…

Ils ont ri tous les deux. Elle, en rougissant légèrement. Elle avait un petit rire élégant, mais franc et totalement craquant. J’étais sous le charme. Conquis. J’avais envie qu’ils m’adoptent. Et je voulais vivre un œdipe scandaleux.

-          Appoline est ma nièce, Jérôme. Détendez-vous.

J’adressai rapidement une prière muette à la bonne étoile qui semblait avoir élu domicile au-dessus de ma tête, pour qu’il y ait à Villethierry ou pas loin un magasin où je pourrais m’offrir quelques fringues correctes. J’allais tout faire pour prolonger mon séjour.

 

 

 

 

A suivre…

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by poupoune - dans JJ
commenter cet article

commentaires

Chris de Neyr 04/01/2010 13:02


Y a tout de même de sacrés bon côtés dans le métier de détective, hein...


poupoune 04/01/2010 13:46


On dirait, vu comme ça, hein ? mais en fait... bon...


henriette 30/12/2009 23:21


mouais mouais mouais..la niéce canon..ça sent le cul ou les emmerdes..ou peut etre même les deux !


poupoune 31/12/2009 01:12


tintintin... j'étais pas sûre... mais ça y est, entre les deux, j'ai tranché !


Cacoune 30/12/2009 15:46


Quoi ?! Tu vas me laisser comme ça, alors que je décolle ce soir ! Et qu'il va falloir attendre pour lire la suite ?!
C'est de la torture...


poupoune 30/12/2009 18:44


ah ben désolée, je ne peux même te l'offrir en exclu, je ne l'ai pas encore écrite!
ben bon voyage alors...  ;o)


C'est Qui ?

  • poupoune
  • Je suis au-dessus de tout soupçon.
  • Je suis au-dessus de tout soupçon.

En version longue

   couv3-copie-1

Recherche

J'y Passe Du (Bon) Temps