poupouf

Samedi 13 novembre 2010 6 13 /11 /Nov /2010 11:55

 

Il est mort hier.

Comme ça, brutalement, sans que rien ne laisse présager le drame qui était sur le point de se jouer. Il y a eu un « chpop » et, le temps que je me retourne, c’était fini.

J’ai pris soudain conscience de tout ce que je n’avais jamais fait avec lui et du grand vide qu’il allait laisser. C’est toujours quand il est trop tard qu’on mesure pleinement sa perte. Je suis restée longuement hébétée, désemparée, luttant intérieurement pour ne pas céder à la panique. Toute une vie à repenser. Un quotidien à réorganiser. Des habitudes à perdre, de nouvelles à prendre, des gestes naturels à désapprendre… l’ampleur du travail de deuil qui m’attendait me glaçait d’effroi.

Et puis… et puis il faut bien vivre, malgré les coups durs, malgré le manque, alors j’ai fini par secouer ma carcasse et j’ai mis la cuisine sens dessus dessous. J’ai retrouvé tout un tas de gamelles et plats divers de ma vie d’avant, remisés au fond des placards. Je les ai sortis, tournés, retournés, étudiés et malgré cette voix sourde en moi qui hurlait « TRAHISON ! », je me suis enfin dirigée vers ma gazinière. D’une main tremblante, j’en ai tourné un bouton, qui a émis un « tchic tchic » étonnamment familier avant que la flamme ne jaillisse du brûleur.

Mais que faire de ma barquette de lasagnes 8 minutes au micro-ondes, avec ces flammes semblables aux feux de l’enfer ? Ma vieille batterie de cuisine étalée au sol ne m’était d’aucun secours. J’ai reposé mes lasagnes.

Tout ce que cette gazinière avait de plus que feu mon micro-ondes, c’était le gaz. Alors j’ai soufflé la flamme qui brûlait encore, ouvert le four, tourné tous les autres boutons et je me suis couchée, la tête dans le four traditionnel, pour rejoindre mon four à micro-ondes au paradis des femmes modernes.

 

 

 

 

Par poupoune - Publié dans : poupouf - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 21:48

 

Bon, évidemment, au départ c’était plutôt une plaisanterie.

Mais.

Si d’aventure il n’avait pas été totalement indifférent à un quelconque charme qu’il aurait éventuellement pu me trouver et s’il avait décidé de saisir l’occasion qu’offrait la plaisanterie pour venir, je m’en serais voulu de ne pas être aussi baisable… non, disons aussi présentable que possible. Alors j’étais rentrée de bonne heure, passée au Monop’ pour remplir un peu le frigo si jamais on dînait – j’avais même pris des légumes, pour faire genre – et zou ! salle de bain : douche, dépoilage au cas où, une touche de parfum, un string propre, le jean neuf qui me fait le cul un peu moins gros et j’étais parée.

Comme j’avais été plutôt rapide au pomponnage – il ne fallait surtout pas que j’aie l’air de m’être pomponnée, alors j’avais pas trop chipoté sur les détails, tout un art – j’avais encore un peu de temps et j’avais consenti un (très) léger effort de rangement. Mais pas trop non plus, pour ne pas avoir l’air d’avoir préparé la soirée et ne pas avoir l’air d’en faire toute une affaire. Pouvoir dire « Ah ah ! T’es venu ? Ben entre… excuse, c’est un peu en désordre, mais je pensais que tu plaisantais !... Non, non, au contraire, ça me fait plaisir !... Oh, t’en fais pas, je dois bien avoir de quoi nous faire quelques pâtes avec des petits légumes sautés… Tu aimes la courgette ?... Et puis tu tombes bien, je viens justement de faire des cookies. »

Ah oui : j’avais fait des cookies, aussi. On m’a toujours dit : « un homme, tu l’attrapes par la queue, mais c’est par le ventre que tu le retiens »… alors comme je ne suis pas forcément très sûre de mon sex-appeal, je fais toujours à manger quand un homme qui me plaît viens chez moi.

 

Bon, il n’est pas venu.

Mais faut voir le bon côté des choses : j’ai une montagne de cookies pour me consoler.

Et des courgettes pour…

Non.

Rien.

 

 

 

 

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Jeudi 21 octobre 2010 4 21 /10 /Oct /2010 23:28

 

Je pars en vacances une semaine. Un court, mais beau périple africain avec ma fille.

Je devais déjà faire ce voyage il y a six mois, mais, à l’époque, mes plans avaient quelque peu été contrariés par un improbable volcan cracheur de trucs empêcheurs de voler en avion. On me disait alors volontiers « tu verras, plus tard tu en riras ». HA HA HA. Aujourd’hui, les plus mauvais des mauvais esprits me brandissent des menaces surréalistes de pénurie de carburant pour essayer de me faire croire qu’il pourrait éventuellement se produire que ce même voyage soit annulé une nouvelle fois. HA HA HA. Décidément, qu’est-ce qu’on rigole…

Plus sérieusement, je pars demain.

Il n’y aura ni électricité, ni eau courante. Autant dire qu’internet, hein… Donc, je ne devrais tuer personne dans la semaine qui vient.

Du moins, pas virtuellement.

 

 

 

 

Une trêve pour les vacances de Toussaint… cocasse, non ?

 

 

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Mercredi 20 octobre 2010 3 20 /10 /Oct /2010 23:16

 

Aujourd’hui, j’étais en formation avec un comptable sexy. On notera donc dès la première phrase une révélation troublante : le comptable peut être sexy.

Je ne sais pas si c’est pour ça, mais en rentrant j’ai fait mes comptes des trois derniers mois. Oui : je suis aussi rigoureuse dans la tenue de mes comptes que dans mes tenues vestimentaires, ce qui ne veut absolument rien dire, mais on aura compris l’idée, qui n’est donc pas que je ne change de fringues que tous les trois mois.

Bref.

Donc j’ai fait mes comptes. J’ai constaté avec plaisir que mon budget « culture » surpassait largement mon budget « chaussures » et je me suis auto-satisfaite de la conclusion qui s’impose : je ne suis pas que futile.

Une autre chose que la somme de ces budgets surpasse dangereusement, c’est ma capacité de financement mensuelle. Aussi, une fois posés le montant unique de la colonne « plus » et la multitude de montants de la colonne « moins », force a été de constater que ce qui restait – ce qui ne restait pas, pour être plus juste – ne couvrait pas du tout la taxe d’habitation qu’il va pourtant bien falloir payer sous peu.

J’ai soudain trouvé la compta beaucoup moins sexy et me suis sentie trahie, abusée par ce comptable séducteur. Je ne me posais jusque là aucune question quant à mes moyens de subsistance, fidèle au principe que tant que la carte bleue va, tout va, et voilà que subitement je me demandais « ben merde, serais-je finalement pauvre ? ». Imaginez dans quel état d’angoisse ce doute soudain m’a plongée. Tout ça à cause de ce con de comptable et de son joli cul. Alors j’ai mené mon enquête dans l’annuaire et j’ai trouvé son adresse.

 

Ça va faire cinq heures maintenant que je le retiens enfermé chez lui sous la menace d’un couteau que j’ai pris dans sa cuisine.

Si vous êtes de la famille ou de l’entourage d’un comptable sexy dont vous êtes sans nouvelles depuis environ cinq heures, le montant de la rançon est de 703,00 € payables par chèque ou virement à l’ordre du Trésor Public s’il vous plaît.

 

Merci.

 

PS : je pourrai rembourser en sept mensualités à compter du mois de décembre si nécessaire.

 

 

 

 

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Mardi 19 octobre 2010 2 19 /10 /Oct /2010 23:25

 

Je suis coiffeuse. Et replète. Non, il n’y a pas de rapport, mais c’est pour vous expliquer. On dirait pas, comme ça, je sais, mais en fait, figurez-vous que j’ai beaucoup, beaucoup grossi ces derniers mois. Tenez, regardez, vous voyez, ça ? Ben ça n’était pas là il y a six mois de ça ! Non, je fais du gras, c’est sûr… Mais à mon âge, si je commence à me laisser aller, hein… Hm ? Ah, oui. Cette histoire… Bon. Donc je suis coiffeuse. Un petit salon, hein, alors je suis souvent seule, vous voyez ? Et en ce moment, comme je vous expliquais, je suis un peu en souci avec mon léger surpoids – si, si, je sais – alors je fais une sorte de régime où on mange que d’un même truc tout le temps, vous savez ? Par exemple un jour on mange un bœuf, le lendemain une pomme, le jour d’après un… comment ? Oui, j’y viens ! Mais si j’explique pas, vous allez pas comprendre et après faudra tout que je rexplique ! Bon… où j’en étais ? Ah oui ! Le régime… Pour bien mettre toutes les chances de mon côté, je bois de la tisane minceur. Ils disent sur la boîte 3 ou 4 tasses par jour, mais moi je mégote pas, hein, sinon ça sert à rien, alors j’en bois deux litres et demi. Bon, c’est pas pour l’effet que ça fait… c’est surtout dans la tête, tout ça, hein ?... D’un autre côté, j’ai commencé mon régime hier, alors peut-être que… hm ? Oui. Si, si, ça a un rapport. C’est que je sais pas si vous buvez beaucoup de tisane, vous, minceur ou pas, mais si y a bien un truc qu’est pas dans la tête, c’est que ça fait pisser – mon dieu ! – des seaux et des seaux ! Alors faudrait tout le temps que j’aille aux cabinets, mais dans mon métier vous imaginez bien que c’est pas possible… Déjà, on lâche pas une cliente au beau milieu d’une coupe, c’est pour ainsi dire une faute professionnelle, et puis comme je vous ai dit, le salon est petit. Y a pas de toilettes. Alors moi, pour aller me soulager, ben c’est pas une mince affaire. Déjà, faut que je ferme la boutique, hein. Derrière et devant. Après, faut que j’ouvre la porte de l’immeuble à côté. Y a un code ET une deuxième porte avec une clé. Ensuite, deux étages à pied dans un escalier qui tourne et pour finir, deux serrures pour ouvrir la porte de l’appartement où je peux enfin faire mon pissou. Quand j’ai fini, pareil à l’envers. Et c’est que ça prend du temps, tout ça… sans compter qu’il faut que je trouve le bon moment. Bon, avec un métier pareil, on s’assouplit bien un peu de la vessie, à force, mais là, j’ai joué de malchance… J’avais la permanente de madame Grivoux à 11h, mais elle est arrivée un peu en retard, du coup j’ai pris madame Dejean en retard aussi, forcément. J’ai bien essayé de faire vite, mais madame Roulier est arrivée en avance et moi j’étais à ça de faire sous moi. Alors bon, je ne devrais pas vous le dire, mais j’ai craqué et après madame Dejean j’ai laissé madame Roulier toute seule dans la boutique le temps d’aller faire pipi. Oui, voilà, c’est dit : j’ai pas respecté le règlement. Mais j’ai fait aussi vite que j’ai pu. Surtout à l’aller, hein...

Alors oui, bien sûr, dans ma précipitation, il n’est pas totalement impossible que j’aie par mégarde quelque peu bousculé le petit Rayan… Hm ? Kevin ? Oui, bon, comme vous voulez… Mais franchement, monsieur l’agent, mettez-vous à ma place ! Pardon ?... Monsieur le commissaire ? Ah d’accord… Mais vous ne pouvez tout de même pas me blâmer d’avoir répondu à un appel pressant de la nature ! Evidemment, si j’avais su qu’il était si léger, ce gosse… Mais ça non plus, c’est pas ma faute ! Qu’est-ce que j’y peux, moi, s’il a valdingué comme d’un rien par-dessus la rambarde pour aller s’écraser deux étages plus bas ?! D’ailleurs, vous voyez, hein, c’est exactement ce que je vous disais : apparemment je lui aurais mis un coup de fesse, mais j’ai rien senti, moi ! Oui, non, y a pas à tortiller : je fais du gras, c’est sûr… alors vous voyez, pour ce régime, hein, ben j’ai bien raison !

 

 

 

Merci Laurianne !

 

 

 

Par poupoune - Publié dans : poupouf - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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c'est qui ?

merci

pour la bannière à Jérôme, l'homme aux mille talents !

J'y passe du (bon) temps

c'est pas moi qui le dis...

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